28/06/2009 16:02
TEGUCIGALPA (AFP) - La croix

Des militaires ont arrêté à l'aube le président du Honduras, Manuel Zelaya, qui était sur le point d'organiser ce dimanche une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême, a annoncé son secrétaire Enrique Reine à des médias locaux.

"Des militaires sont allés chercher le président à son domicile pour le conduire à la base de l'armée de l'air. Nous sommes en train de rédiger une protestation", a déclaré le secrétaire.

Le chef de l'Etat avait décidé d'organiser ce dimanche une consultation populaire, malgré l'opposition de l'armée, du Parlement et de la Cour suprême, qui avait jugé ce scrutin illégal.

M. Zelaya, élu en 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, avait convoqué les électeurs pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre.

Son projet était dénoncé par l'opposition mais aussi par des dirigeants du Parti libéral, la propre formation de M. Zelaya, qui a opéré un net virage à gauche après son élection comme président conservateur en janvier 2006 et est soutenu par des organisations populaires et indigènes.

Selon un voisin interrogé par la chaîne de télévision Radiocadena Voces, quatre commandos d'environ 200 soldats se sont rendus au domicile de M. Zelaya aux alentours de 06H00 du matin (12H00 GMT).

Les militaires ont tiré "quatre coups de feu", puis sont repartis à bord de trois véhicules en direction de la base aérienne.

La maison du chef de l'Etat était entourée par des dizaines de militaires fortement armés, a confirmé un photographe de l'AFP.

Les retransmissions des chaînes de télévision 36 et 8 ont été interrompues. Juste avant, le présentateur de la seconde avait eu le temps de déclarer: "Il semble que les militaires se dirigent vers ici", puis d'appeler la population à se rassembler sur la place de la Liberté.

Selon des médias locaux, les urnes installées pour la consultation populaire ont disparu à l'aube dans plusieurs bureaux de vote.

Un climat de crise politique régnait dans le pays depuis le milieu de semaine, M. Zelaya ayant lui-même forcé jeudi l'entrée d'une base militaire pour récupérer les urnes qui y étaient entreposées.

La veille, M. Zelaya avait limogé le chef d'état-major général, le général Romeo Vasquez, devant le refus des militaires de distribuer le matériel de vote.

Jeudi matin, des troupes avaient été déployées dans la capitale, faisant craindre un soulèvement militaire, même si l'armée avait ensuite assuré vouloir seulement garantir l'ordre public.

Le Congrès national avait également évoqué la possibilité de son éventuelle destitution vendredi, avant de faire marche arrière en raison de l'absence de soutien des militaires.