Agence France-Presse
Tegucigalpa

Le calme régnait samedi au Honduras, à la veille d'une consultation controversée organisée par le président de ce petit pays d'Amérique centrale, Manuel Zelaya, malgré l'opposition de l'armée et du parlement.

M. Zelaya, élu en 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, a convoqué les électeurs pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre.

La consultation populaire a lieu dimanche entre 07H00 (9H00 HAE) et 16H00 (18H00 HAE).

Ce vote est organisé dans un climat de crise politique, M. Zelaya ayant lui-même forcé jeudi l'entrée d'une base militaire pour récupérer les urnes qui y étaient entreposées.

La veille, M. Zelaya avait limogé le chef d'état-major général, le général Romeo Vasquez, devant le refus des militaires de distribuer le matériel de vote pour cette consultation déclarée illégale par la Cour suprême de justice du Honduras.

Jeudi matin, des troupes avaient été déployées dans la capitale, faisant craindre un soulèvement militaire, même si l'armée a assuré vouloir seulement garantir l'ordre public.

«Le danger est passé, mais la menace est toujours latente», a estimé vendredi soir M. Zelaya, qui a été élu comme président conservateur en janvier 2006, mais a opéré depuis un virage à gauche et renforcé les relations du Honduras avec Cuba et le Venezuela, les pays «gauchistes» d'Amérique latine.

Son projet de référendum est dénoncé par l'opposition mais aussi par des dirigeants du Parti libéral, la propre formation de M. Zelaya, qui est soutenu par des organisations populaires et indigènes.

Le Congrès national a approuvé jeudi la création d'une commission d'enquête chargée d'examiner la possibilité de son éventuelle destitution.

L'Organisation des États américains (OEA) a appelé au respect de l'État de droit. Son secrétaire général José Miguel Insulza a évoqué «un risque de coup d'État militaire» et proposé l'envoi d'une mission de médiation.

M. Zelaya a dans le même temps reçu le soutien de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), bloc antilibéral créé en 2004 par Cuba et le Venezuela, et de différents groupes de gauche latino-américains.

Publié le 27 juin 2009 à 13h26 | Mis à jour le 27 juin 2009 à 13h30

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