Mardi 30 Juin 2009 Par G.V. (avec Reuters) leJDD.fr

>> Soutenu par Washington et la majorité des dirigeants latino-américains, Manuel Zelaya, le président du Honduras destitué par un coup d'Etat dimanche, veut récupérer son poste dès jeudi. Il compte revenir à Tegucigalpa, quitte à utiliser la force de ses alliés. Son remplaçant, Roberto Micheletti, a qualifié mardi le chef de l'Etat en exil de "radical à la Chavez" dont ne voulaient pas les Honduriens.

Réunis à Managua au Nicaragua, les dirigeants alliés de Manuel Zelaya, ont appelé lundi les militaires putschistes à le rétablir dans ses fonctions. Le Vénézuélien Hugo Chavez et plusieurs présidents de gauche du continent ont annoncé qu'ils allaient retirer leurs ambassadeurs en poste à Tegucigalpa. Alors qu'il refusait de prendre position dans les premières heures du coup d'Etat, Barack Obama est sorti du silence lundi, qualifiant le putsch d'"illégal". Il créerait un "terrible précédent" s'il n'était pas annulé, a ajouté le président américain devant son homologue colombien, Alvaro Uribe, en visite à Washington. L'Union européenne et l'ONU ont également condamné le coup de force de l'armée dès dimanche.

Affrontements dans Tegucigalpa

Sur le terrain, la situation est à la fois complexe et tendue. Selon le site internet de La Prensa, principal quotidien du pays, l'armée et la police anti-émeutes ont pris position à Tegucigalpa autour du palais présidentiel devant lequel se sont rassemblées lundi quelque 1500 personnes pour défendre le président en exil. Plusieurs manifestants, portant des masques et armés de bâtons, ont provoqué les forces de l'ordre et brûlé des pneus devant les grilles du palais. Dans l'après-midi, les forces de sécurité sont intervenues à coups de grenade lacrymogènes. Selon les journalistes présents sur place, la plupart des habitants de la capitale se sont toutefois enfermés chez eux par crainte de violence, après avoir envahi les magasins pour se ravitailler.

La crise entre les militaires et le pouvoir couvait depuis la semaine dernière. Manuel Zelaya avait destitué le chef d'état-major des forces armées, le général Romeo Vasquez, parce que ce dernier refusait de l'aider à organiser un référendum, dimanche, sur une modification de la Constitution visant à lui permettre de briguer un second mandat de quatre ans. La Cour suprême avait soutenu le général Vasquez, qualifiant la réforme de Zelaya de dérive possible du pouvoir. Arrêté dimanche, le président a été expulsé au Costa Rica, avant d'être remplacé, provisoirement et comme le prévoit la Constitution, par le président du Congrès, Roberto Micheletti. Ce dernier a dénoncé mardi les menaces de la communauté internationale et a affirmé que l'armée avait sauvé le Honduras d'une "radicalisation à la Chavez".