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Des habitants du Chili racontent le séisme
LEMONDE.FR | 28.02.10 | 21h34  •  Mis à jour le 28.02.10 | 21h41

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Vu du Sud

Peu de témoignages sont parvenus depuis le sud du pays, touché de plein fouet par le séisme d'une magnitude de 8,8 sur l'échelle de Richter. Toutefois, des personnes présentes à Temuco, Pucon, la Terre de Feu ou ayant des proches à Concepcion, ville la plus touchée, nous ont fait parvenir leurs témoignages.

  • Désolation à Concepcion par Antoine Caullet

Ma belle-famille vit à Concepcion. Nous avons pu les avoir au téléphone un temps très court avant que les réseaux de communications ne soient complètement coupés. Ils nous ont dit qu'ils n'ont jamais ressenti une secousse aussi forte. L'immeuble a tenu mais ils sont restés toute la nuit sans électricité, gaz ni eau courante. Les répliques régulières les maintiennent dans un état de stress et d'angoisse. Ils vivent dans un quartier proche de la prison El Manzano qui était en feu, entre Av. Los Carrera et la Plaza Acevedo. Les pillages des commerces et supermarchés avaient déjà commencé et ils étaient préoccupés par le manque de vivres et surtout d'eau potable. Par la télévision chilienne nous avons appris ensuite que le centre ville était en ruine, les ponts et autoroutes qui relient Concepcion au reste du pays sont soit coupés soit gravement endommagés. La ville portuaire de Talcahuano au nord de Concepcion a été innondée par un tsunami. De ma belle famille il manquait à l'appel le petit frère, qui dormait chez un ami, et le père qui était avec la grand-mère à Chiguayante (sud-ouest de la ville). Grâce au smartphone d'une cousine depuis Santiago où la situation est meilleure nous savons qu'ils vont bien. Le manque d'information, les rumeurs, l'absence d'eau et d'électricité, la peur des répliques créent un climat extrêmement tendu. Espérons que les services de base seront bientôt rétablis ainsi que les communications, et que le nombre de victimes soit le plus faible possible

  • Depuis Pucon (region Araucania) par Julien Chouillou

Le tremblement a duré près d'une minute et a augmenté en intensité. Les Chiliens sont habitués a vivre des secousses régulières, donc les gens ne sont pas sorties immédiatement. Pour mon cas, il m'a fallu descendre l'escalier et attrapper le poignée de la porte ce qui a éte une véritable difficulté vu que nous étions secoués dans tous les sens. Dans la rue, il etait impossible de tenir debout. Je suis de Concepcion, la ville la plus affectée, mais j'etais a Pucon lors du tremblement. Je n'ai presque aucune nouvelle de mes proches. Les répliques continuent

  • Le séisme vécu sur la Terre de Feu par Rodrigo Ramirez

Ma famille et mes amis vivent presque tous dans la zone affecté par le séisme. J'essaie de parler avec chaqun d'eux mais les problèmes de réseau ne me le permettent pas. La situation est très angoissante, d'autant plus que les témoignages sont tragiques. Ma copine raconte qu'ella a cru qu'elle allait mourir, en voyant que tout était en train de tomber dans son appartement au huitième étage d'un immeuble.
Ce matin, au travail, on ne voyait que des visages inquiets, tous en train d'appeller nos connaissances, les téléviseurs allumés. À l´heure présente, il m'est encore impossible de joindre tous mes amis. Leur potables sont etteints, donc, le sentiment d'angoisse est pérmanent.

  • Un cauchemar et beaucoup de pertes pour des milliers de gens par Blaise Pantel

Cela laisse sans voix. Du 15 eme étage, la secousse un peu avant 4h du matin a été terrible. Avec mon amie, nous ne pouvions rester debout, tels des pantins désarticulés dans un appartement oú tout ou presque s'effondrait dans un bruit assourdissant. Cela a duré une éternité et d'une violence inouie. Francais résidant au Chili depuis plusieurs années, je n'ai aucune préparation a la difference de mon amie chilienne de Concepcion qui a tres bien réagi. Un immeuble aux normes sismiques qui a bougé au point que je croyais bien que c'était la fin pour nous. Cela fait peur. Cela a duré une éternité. puis ensuite vient le stress des répliques et l'inconnu pour la famille qui est á Concepcion. Je le répete, on ne crie pas dans ces moments la. Sous le choc toute la journée, la peur des répliques, le stress pour la famille à Concepcion. Puis vient le chaos dans la ville de Temuco, région de l'Araucanie. Pas d'eau ni d'électricité. Pas de téléphone ni de communication pendant des heures. Des maisons détruites. les images sont encore plus terribles dans la region del BioBio y del Maule, ainsi qu'á Santiago. Des ponts détruits, des routes coupées. Des immeubles par terre. Des voitures écrasées. Des victimes. Des gens qui ont tout perdu. Cette nuit fut un cauchemar. Je ne pourrais jamais oublier ces minutes dans cet appartement, les murs qui se déplacaient, ce bruit assourdissant, imposible de tenir debout.


Vu de Santiago

Dans la capitale chilienne, la secousse n'a pas fait de dégâts majeurs mais a tout de même été ressentie. Des témoignages de ressortissants français et chiliens sur place ressortent quelques impressions communes : le bruit sourd du séisme, sa durée interminable, la panique, puis le calme ponctuée de répliques dans une ville plongée dans le noire.

  • Une nuit mouvementée par Marie Toraille

Ce vendredi soir, le dernier de l'été avant la reprise pour beaucoup d'étudiants, aurait dû être comme les autres, et pourtant… Comme beaucoup de jeunes Chiliens, j'étais de sortie avec quelques amis dans un bar de Bellavista, le coin animé de Santiago, assis autour d'un verre, lorsque la Terre s'est mise à trembler. Sans qu'on n'ait le temps de vraiment comprendre ce qui nous arrivait, tout autour de nous, les lampes suspendues se sont mises à se balancer violemment, les verres à se briser au sol, les tables à se renverser... La musique et les lumières se sont alors éteintes. Tout le monde s'est mis à crier, à se prendre dans les bras les uns les autres, paniqués, ne sachant que faire... jusqu'à ce que la salle soit évacuée, et qu'on se retrouve dans la rue, où le spectacle ne faisait que commencer. Le noir complet, pas d'électricité dans la ville, aucune lumière aux fenêtres, pas un lampadaire allumé, juste les phares de quelques voitures et la lune. Les tôles des toits étaient étalées par terre, les ampoules des lampadaires éclatées, débris au sol, et aucun réseau sur les portables, impossible de joindre qui que ce soit… Les gens couraient, remplis de panique, tandis que les sirènes de plusieurs ambulances commençaient à se faire entendre. Comme pour beaucoup, a alors commencé une longue traversée de la ville à pieds pour rejoindre nos maisons, rythmée par de nouvelles répliques du séisme… qui continuent à nous secouer régulièrement jusqu'à l'heure où j'écris ces lignes.

  • Témoignage d'une francaise vivant au Chili, par Valentine Sébile

Je vis à Santiago depuis 3 ans. Ma mère est venu me voir pour les vacances. Nous nous sommes réveillés vers 3h35, il y avait un énorme silence mais en même temps tout bougeait et les objets tombaient. J'avais assez confiance en mon immeuble vu qu'il a été construit dans les années 60 et a déjà survécu à plusieurs séismes. Notre chat s'est echappé par la fenêtre. Le tremblement a paru durer une eternité. Après, tout le monde est sorti dans les rues par peur des répliques. Tout était noir. Il y avait beaucoup de voitures mais pas de panique. Jamais je n'ai vu un ciel aussi étoilé à Santiago. Plusieurs répliques nous ont réveillés. Depuis peu l'électricité est revenue et nous nous rendons compte de l'ampleur de la catastrophe. Évidemment, comme toujours, les personnes les plus touchées sont celles qui avaient les logements plus précaires et anciens. Nous sommes "soulagés" que cette catastrophe ait eu lieu en pleine nuit et non dans la journée car nous sommes à quelques jours de la rentrée des classes et vous pouvez imaginer l'état de panique qu'il y aurait eu dans le métro et sur les routes.

  • Bien plus important qu'en 1985 par ISABEL SANTELICES

Je suis Chilienne, j´ai vécu le tremblement de terre de 2 1/2 minutes de durée !!!! J'ai vécu aussi celui de 1985 mais celui-ci est bien plus important. C'est incroyable voir les immeubles effondrés, des constructions antisismiques qui n'ont pas pu résister. L'aéroport est fermé car la piste est cassée et une parti de l'immeuble éffondré. Les routes sont cassées et quelques ponts éffondrés. Au sud, quelques tsunamis se sont registrés, et des personnes sont disparues emmenées par la mer. Les secousses sont fortes et nombreuses.

  • Mon premier tremblement de terre, par F.

J'habite a Santiago du Chili depuis 2002 et içi nous avons l'habitude des petits tremblements de terre, les temblores, mais celui-ci a duré plus de deux minutes et a été croissant, on se sent impuissant juste protéger ma fille des objet qui tombe dans l'appartement. Et puis le calme, sortir de là en prenant des habits et appeler ces proches ses amis. Mais ici a Santiago, les dégâts sont mineurs les constructions ont resité. Dans le Sud la région de BIO-BIO des immeubles sont tombés et le chiffe des victimes va augmenter. Et surtout, les répliques toute la journée alors que j'écris. Rester calme et ne pas céder a la panique. Vraiment rien a faire juste se protéger du mieux que l'on peut.

  • Nuit de terreur à Santiago, par Angélique Deprez

J'étais réveillée quand les tremblements ont commencé, ce n'est pas la première fois depuis six mois que nous vivons au Chili qu'il y a de petites secousses, mais cette fois-ci ce fut effrayant ! Toute la maison a commencé à trembler et à faire de plus en plus de bruit, des objets ont volés de toutes parts. L'eau de la piscine était en ébullition. Toutes les alarmes du quartier se sont allumées. Heureusement, nos deux petits garçons nous avaient rejoint plutôt au cours de la nuit, j'ai attrappé le plus jeune et me suis réfugiée sous une porte, mon mari est resté pétrifié. Cela n'a pas duré longtemps, pas plus d'une minute et demi, mais il m'a fallu plusieurs heures pour arrêter de trembler. Nous avons la chance d'habiter dans un quartier où les maisons sont bien construites, mais malgré cela pas mal de dégats, mais peu importe, nous sommes vivants. Un collègue de mon mari est parti cette nuit rejoindre Concepcion, où il avait laissé sa famille en vacances. Nous n'avons pas de nouvelles, il est toujours difficile de communiquer et Internet ne fonctionne pas continuellement.

  • Nuit de peur, par Christophe RAMOND

En vacances dans le Chili depuis 15 jours, après avoir passé une soirée en famille et avec des amis expatriés a Santiago, nous avons subi une terrible peur. A 3h44, mon épouse me réveille, un bruit terrible vient d'éclater, le toit craque, j'ai peur qu'il nous tombe sur la tête. Je dis à ma femme nous allons mourir, nos enfants de 6 et 8 ans dorment toujours. On décide de se lever. Que faire ? De petites secousses reprennent, nous quittons la maison pour nous réfugier dans les voitures et écouter la radio. Plus de lumière, on s'habille vite, on court pour sortir les enfants. La peur nous envahi de nouveau pour aller chercher des bouteilles d'eau et des couvertures dans la maison. Cette dernière est sur les hauteurs de Santiago, il n'y a plus de lumière sur la ville. Les enfants se rendorment dans la voiture. La police municipale passe, nous précise que dans l'heure qui vient les secousses peuvent être très violentes. La radio ne donnent que peu d'informations: appel au calme, puis fermeture de l'aéroport, intensité du séisme... Vivement le jour.

  • Depuis le 10e étage, par Aurélie Robert

Habitant au 10eme étage d'un immeuble pres du centre de Santiago, j'ai ressenti le séisme avec une grande intensité. Les murs de l'appartement ont vibrés pendant au moins 3 minutes avec un bruit sourd. Il était environ 3h30 du matin, je suis restée allongée jusqu'á ce que les vibrations s'arrêtent. Je me suis habillée rapidement, pris mes documents, de l'argent, mon portable et suis descendue au rez de chaussée. Les personnes étaient en générale calmes et organisées. On sent une réelle solidarité.  La chaudiére s'est rompue et plusieurs étages ont été inondées. Mon appartement n'est plus habitable. Une amie me loge actuellement dans son appartement le temps de trouver un autre appartement. Cette expérience a été trés forte. Je suis encore en état de choc et préoccupé pour des amis habitants dans le sud du pays qui a éte gravement touché par le séisme.

  • Nuage toxique, par Quentin Dubar

J'haite au 8eme étage dans le secteur ouest de Santiago. Le tremblement de terre est venu nous sortir de façon brutal de notre sommeil. Ce qui m'a le plus impressionné fut la durée de la secousse (+/- 2 min!). On sentait que toute la structure de l'immeuble se balançait de façon très préoccupante et avec une rare violence. Par chance l'immeuble a bien tenu le coup et nous avons pu terminer notre nuit chez les parents de ma compagne vivant dans un maison a quelques centaines de mètre de chez nous. De temps à autre nous sentons toujours quelques répliques heureusement moins fortes et espérons que la situation se calme rapidement. Un nuage toxique s'est formé au dessus de la ville comme conséquence de l'incendie d'un entrepôt de produits chimiques y les voies de transports (aéroports, autoroutes) ont été sérieusement endommagées .

  • "Terremoto" à Santiago par Paul Chantereau

Je suis à Santiago du Chili depuis deux semaines. La secousse m'a réveillée en pleine nuit avec une grande violence, qui accumulée à la surprise et ma non-expérience de ce type de catastrophe naturelle rend la situation vraiment incroyable...Impossible de définir la durée de la secousse, tout semble atemporel et tous nos repères s'écroulent en même temps que se brisent la vaisselle, que tombent les livres, les meubles... Peu de dégats graves semblent cependant répertoriés à Santiago, et pourtant la secousse (ainsi que sa réplique vers 7h30 du matin, heure locale) était d'une grande intensité ! La ville se retrouve plongée dans le noir, sans moyen de communiquer, dans un vacarme général des sirènes de véhicules d'urgence, et des voisins et autres proches s'assurant que tout va pour le mieux pour tous. L'expérience est incroyable, surréaliste, et bien sur effrayante, surtout quand on connaît le bilan bien triste de la catastrophe... Même si les Chiliens sont habitués à voir la terre trembler, cette fois si la secousse a dépassé de loin leurs habitudes...

  • La bouteille de vin n'a pas bougé..., par Jean-Baptiste Marquette

J'occupe un appartement au 7e étage d'un immeuble récent depuis mon arrivée à Santiago le 25/02. Vers 3h40 cette dernière nuit, je suis réveillé par des bruits inhabituels et surtout par le mouvement du sol. D'un seul coup dans le noir tous les repères sont perdus, ce qui représentait la stabilité immuable se dérobe. Je me lève et passe au salon, tous les meubles sont secoués en tout sens. Que faire ? Prendre l'ascenseur pour descendre est impossible, prendre les escaliers est tout aussi illusoire. Je ne peux que me placer dans le chambranle de la porte entre le salon et la cuisine, et compenser avec mes jambes les secousses qui durent, qui durent... Après un temps infini le calme revient. Je descends avec mes voisins à la lumière de nos iPhone, car le courant a été coupé. Le parking est jonché des débris des parements de façade qui sont tombés. Je resterai en bas environ une heure, avant de remonter pour essayer de dormir un peu. La bouteille de vin sur la table du salon n'a pas bougé, quelques bibelots sont cassés, les tableaux sont de guingois.

  • La peur de ma vie, par CaroleS

Jamais je n'aurais pensé vivre un séisme de cette amplitude. Nous avons été réveillés cette nuit à Santiago par de petits tremblements qui très vite se sont transformés en énormes secousses, tout d'abord verticales puis latérales. Nous ne savions que faire, où aller. Se mettre sous la table, sortir de l'appartement ou tout simplement attendre en priant intérieurement pour que le tremblement s'arrête. Nous avons optés, fatalistes, pour la dernière solution. Nous nous sommes réfugiés sur la terrasse en sentant les secousses toujours plus fortes et avons regardé avec horreur les immeubles d'en face se tordre comme des shamallows. Et les secousses, au lieu de s'estomper, se sont amplifiées. Les immeubles du quartier craquaient dans un bruit infernal et nous nous demandions jusqu'à quel point ils pourraient résister. J'ai pensé qu'ils ne résisteraient pas mais si, ils ont résisté, et une minute plus tard la secousse s'est arrêtée. Le pire était passé. Du moins je l'espère car la terre ne cesse de trembler depuis hier, et nous restons en alerte au cas oú les secousses s'amplifieraient.

  • Frayeur à Santiago, par Jérôme DENNI

Nous avons été réveillés par un fort tremblement de terre au cours de la nuit, dans notre appartement du 3ème étage à Providencia, l'une des communes de Santiago. La force et la durée (plus d'une minute) du tremblement nous ont vraiment impacté. Le plus impressionnant et que nous avons une bibliothèque d'environ 70 à 100 kg qui s'est retrouvée à un mètre du mur, de son point d'origine après le séisme. En 2007, nous avons aussi vécu le tremblement terre de Pisco à Lima Pérou. Selon notre ressenti, celui de Santiago a été bien plus fort et bien plus long.
Le Chili semble parfaitement gérer cette situation de crise et grâce à cela, nous nous sentons en sécurité et en confiance face à cette tragédie.

  • J'étais sur place au moment du tremblement de terre!, par Eduardo Quiroz

Bonjour, je suis Chilien et je travaillais comme serveur ce nuit-là. En fait, on était pour une fête de mariage. Je faisais une pause avec de collègues en fumant un cigarette quand j'ai écoute un camarade dire qu'il y avait un tremblement, je le sentais mais il était pas fort, la duration m'attirais l'attention, quand de toute de suite est devenu super violent, changeait de direction brutalement à un moment donné pas d'éléctricité, les fenêtres faisaient beaucoup de bruit, les bouteilles du bar commençaient a tomber, les cris, l'angoisse, le public qui sortait en courant, en criant, on avait des problèmes pour être débout à cause de la violence du séisme. Horrible

  • Un Mouvement Impressionant, par Eduardo Sims

J'ai passé le séisme avec ma famille dans notre appartement qui est au 22ème étage. On ne pouvais pas se tenir débout telle était la force du tremblement et l'oscillation de l'édifice. Et encore on habite à plus de 700 km de l'épicentre, alors je ne peux même pas imaginer c'est qui s'est passé dans les villes les plus proches à l'épicentre. Tout est tombé chez nous, des bouteilles, des livres, des meubles, quelques vitres ont explosé.

  • Tremblement de Terre à Santiago par Gilles Delgado

Je vis à Santiago du Chili depuis 4 ans et il est fréquent de ressentir des secousses sismiques. Mais la nuit dernière c'est un tremblement dévastateur qui nous surpris en plein sommeil. Pendant près de deux minutes mon immeuble s'est mis à trembler avec une violence inouïe et dans un vacarme ahurissant. Sur le coup j'ai pensé que le bâtiment allait s'effondrer. Et, bien qu'il était très difficile de se tenir debout, j'ai réussi à me réfugier sous la table du living. De suite après le tremblement se sont élevés les cris d'angoisse des personnes bloquées dans les bars et discothèques du quartier Bellavista où j'habite. Tous les résidents se sont réfugiés dans la rue, obscure, bruyante, et recouverte d'un nuage épais de poussière. La plupart est resté là jusqu'à l'aube par peur d'une nouvelle secousse. Tout au long de la journée nous ressentons les répliques qui nous refont revivrel'enfer de la nuit passée.

  • Plus de peur que de mal par Benjamin Sitaud

Je vis depuis presque trois ans à Ñuñoa, un arrondissement de Santiago. Même si sentir des "temblores" n'est pas rare ici, cette fois les choses ont été différentes. Je dormais à l'heure du séisme (environ 03:30 du matin), lorsque j'ai été réveillé par des craquements typiques des secousses, puis cela a commencé à trembler, et comme d'habitude, je me suis mis à compter, 1,2,3,4... Au bout de 10 secondes, je me suis dit "là, c'est un vrai, lève toi et sort d'ici". J'ai enfilé un poncho, mes sandales, pris mes clés et je me suis précipité à l'extérieur du bâtiment, encore en sous-vêtements. Mes voisins courraient déjà. C'est l'ensemble de l'immeuble qui s'est retrouvé dehors, enfants et parents terrorisés. Cela a tremblé plus de deux minutes. Il faut le vivre pour comprendre ce qu'on ressent alors: peur, angoisse pour les siens, pour ses amis, les gens que l'on connaît. On ne peut rien faire, seulement regarder, écouter, réconforter. Les portes des étages supérieurs sont restées bloquées pour certains voisins à cause des changements d'angles, et il a fallu enfoncer les portes. Des répliques moins fortes se sont faites sentir. Les téléphones portables hors services, le courant et l'eau coupé, j'ai du courir chez ma copine pour avoir de ses nouvelles.

  • 3h34 à Santiago par Florence de Lambert

Nous étions en plein sommeil quand une violente secousse a fait trembler toute la maison. Mon mari et moi avons bondi hors de notre lit, attrapé nos trois enfants et nous sommes sortis en courant dans le jardin. La maison tremblait tellement que nous avions l'impression qu'elle allait s'écrouler sur nous. J'avais mon fils de 1 an dans les bras, la descente de l'escalier c'était comme marcher sur un bateau en pleine tempête. Mon mari est arrivé après moi avec nos 2 filles,à 4 pattes ne pouvant plus tenir debout. Nous sommes restés le temps de la secousse blottis les uns contre les autres dans le jardin regardant la maison tanguer. Un vent fort soufflait qui a cessé avec la fin du séisme, les alarmes des voitures se sont toutes déclenchées accompagnées d'un bruit sourd et profond. Nous étions à Santiago dans la commune de Vitacura.

  • Hasta luego par Victor C.

Je suis a Santiago du Chili depuis plus d'un an, et il me reste 1 semaine, ce pour quoi hier etait l'occasion d'organiser une fête...et quelle fête!
A 3h30 du matin le sol a commence à trembler. Il faut savoir que les "secousses" (jsq 4º) sont fréquentes ici et on s y habitue. Les premières secondes on ne se préoccupe pas trop. Mais ensuite la "secousse" s'est amplifiée, a duré et s'est transformée en "tremblement de terre". Le sol sautait, les murs bougeaient, le ciel s'éclairait des contacts de fils électriques ou autres écrans qui explosaient. Comme beaucoup le disent ici, cela avait un air de fin du monde...
D'un point de vue moins émotionnel, il faut également savoir que le Chili s'attendait, un jour ou l'autre, à connaître ce tremblement de terre. Un fort avait eu lieu en 1960, un second en 1985. Les experts prédisaient alors un nouveau tremblement de terre à venir depuis les années 2000. Nous étions sur le toit d'un bâtiment de 18 étages, les mouvements y étaient amplifies, le bâtiment a fortement plié, mais n'a pas rompu...ce qui n est pas le cas d'habitations plus anciennes, dans des régions moins modernes, des quartiers plus pauvres.

  • Enorme peur par Renaud Bertrand

J'habite à Santiago depuis 12 ans maintenant. Les séismes, ici, c'est une habitude. 2, 3 fois par an le sol vibre, on trésaille, certains s'effraient, d'autres s'amusent, surtout les novices, ceux qui n'ont jamais vécus de "terremoto", le nom des vrais séismes. J'appartenais plutôt à cette dernière catégorie jusqu'à hier. Maintenant, j'ai vu la peur, celle de ma fille ainée que je tenais dans mes bras dans l'encadrement de la porte, alors que dans le couloir, un homme rebondissait d'un mur à l'autre; celle de ma seconde petite qui pleurait pour que ça s'arrête et ensuite, pour que ça ne recommence pas, elle qui pleurait les tableaux cassés, les figurines de poteries éclatées, elle qui saluait cette œuf d'autruche tombé d'une étagère jusque sous le canapé sans se fêler. A Santiago, les dégâts sont limités. Finalement ce n'est pas aussi fort que ma peur.

  • Deux minutes intenses, par Guy Le Trividic

Vers 3 heures trente, l'immeuble dans lequel nous logions ma fille et une de ses amies s'est mis à tanguer de plus en plus rapidement d'une très forte intensité dans le noir absolu. Pour des Bretons n'ayant jamais vécu ce genre de situation, le réveil fut pour le moins surprenant, voire angoissant! Des étagères tombaient bibelots, flacons divers ajoutant une touche surréaliste à ce qui l'était déjà pour nous! Petit à petit les gens descendaient dans le calme par l'escalier de secours pour se retrouver dans la rue où certains essayaient d'avoir des nouvelles d'un membre de la famille ou bien d'amis, d'autres écoutaient les radios pour connaître l'ampleur des dégats!  Ce samedi matin, Santiago était désert, seuls restaient dans les rues les personnes qui n'osaient pas rentrer chez eux!

  • Une expérience d'un autre monde par ALFREDO JOIGNANT

3h30 du matin. Je dormais avec ma femme, Carolina. Nos enfants, Sabastian et Antonia, se trouvent dans la chambre d'à côté. Notre pavillon commence à bouger, légèrement. Carolina se lève, et essaie d'allumer la chambre: cela ne marche pas. Elle me prévient: le tremblement de terre (ce que l'on appelle en espagnol un "terremoto") vient. On réveille les enfants et on les sort sur le couloir au premier étage. Le pavillon bouge de tous les còtés: je tiens Antonia avec ma main gauche, et un meuble en miroirs avec ma main droite, pour empêcher qu'il s'écroule. Ma tête tourne, les mouvements sont insupportables. On tient à peine debout. Une minute trente interminable. Une éternité. Résultat des courses: une peur effroyable, venue d'un autre monde. Le pavillon, bâti en 1943, a très bien tenu le coup. Les voisins sortent de leurs maisons, et demandent si tout le monde va bien. Les sirènes éclatent dans la ville. Les hélicoptères survolent Santiago. C'est comme dans la guerre, ou le lendemain du coup d'Etat de 1973. Ma femme et moi fumons, nerveux sur le jardin. Les répliques commencent. On apprend que des centaines de milliers de chiliens ont tout perdu. La radio annonce qu'il y a des risques de tsunami sut le Pacifique. C'est le début d'une nuit infernale, dans le noir, sans électricité. On va bien.

  • 12.000 portables vibraient sur le plancher ... par Olivia De Witte

A Santiago dans le cadre de notre cursus international à l'ISG Paris, cette nuit restera sûrement l'un des moments les plus impressionnants de notre séjour ! 3h34, de violentes secousses entraînant les chutes d'objets, de partie de murs, et autre plafond, nous sortent de nos rêves ! Pour certains, notre maison roulait, pour d'autres 12.000 portables vibraient sur le plancher ... bizarre ! Tout le monde sort de sa chambre pour évacuer la maison au plus vite : petite réunion entre voisins en pyjama dans la rue, ressentant encore de nouvelles secousses pendant une heure. Réintégration des chambres, les murs tremblaient encore et une heure plus tard, deuxième grosse secousse ...la peur au ventre, mais tout passe !

  • Le travail antisismiquea porté ces fruits, par Guillaume HUBERT

J'ai vécu cette expérience angoissante a 38km au sud de Santiago. Mon épouse Chilienne a réagit très vite organisant l'évacuation de notre habitation de construction anti-sismique qui n'a souffert aucun dommage, et dans les minutes qui on suivies le séisme, elle ma suggéré de faire rapidement des réserves d'eau potable qui nous ont permis de passer une journée plus sure dans l'attente du rétablissement des services. En contact permanent avec les autorités par l'intermédiaire des radios des voitures, nous avons été informé et conseillé, sur le faite entre autre, de raisonner l'utilisation des véhicules pour le possible problème de distribution des carburants, cependant, j'ai du me rendre sur mon lieu de travail pour assurer la sécurité du lieu en terme d'identification des risques. Sur le parcours, a ma très grandes surprise, j'ai trouvé une infrastructure routière en très bonne état, et constate que le travail antisismique réalisé ces 25 dernières année a porté ces fruits.

  • Les ombres du Parque Forestal par Santiago del Campo

A 3 h 34 on était chez nous au troisième étage, face au Parque Forestal de Santiago, en centre ville. Le séisme a frappé avec un intensité que je n'avais jamais connu, dans une vie pourtant habituée aux tremblements de terre. C'etait comme un cheval sauvage et il semblait jamais finir. Des choses commencèrent a tomber. L'electricité disparu et la rue Mercedes commença a se remplir d'ombres qui couraient apparemment sans direction. On ne voyais pas ses faces mais leurs cris nous indiquaient qu'ils étaient de jeunes gens pris dans les dizaines de pubs, clubs, "schopperies" et "salsotecas" du quartier Bellavista. Quelques voitures sont apparues dans l'oscurité. Ces jeunes-là jetèrent contre elles des pierres et de branches d'arbres arrachés aux abres du Parc. Ce fut un étrange éclat de fureur. Puis, ils ont disparu, en chantant: "Y caerán, y caerán!" ("Ils vont tomber, ils vont tomber!") Qui ? On le saura jamais.


Vu de Valparaiso

De nombreux témoignages également en provenance de Valparaiso, ville côtière à 60 kilomètres de Santiago et à plus de 160 kilomètres de Concepcion.

Quand Valparaiso tremble par Jérémie Bude

3h50 du matin, réveil brutal, le temps de constater que je ne rêve pas, je sens des morceaux de plafond qui me tombe sur le visage, je me lève, difficile de rester debout, je vois les murs qui commencent à se chevaucher, le bruit de l'immeuble qui bouge est assourdissant, je descend immédiatement dans la rue pour constater que tous les occupants de l'auberge sont déjà présents dans la rue, les visages terrorisés. Lorsque je sors, tout est déjà fini. La façade est gravement endommagée, il n'est pas sûr de remonter dormir, on attend le petit matin pour faire nos valises. Entre temps, un défilé de pompiers et de carabineros incessant qui vérifient que tout le monde va bien, tout le monde s'arrête pour constater les dégâts subis par notre auberge, c'est l'une des plus sinistrée du quartier. On improvise un campement dehors, le temps que tout redevienne normal, des petites répliques nous maintiennent éveillés. 8h du matin, tout le monde rentre faire ses bagages et constatent les graves dégâts à l'intérieur, les placards de cuisines par terre, le parquet écarté, tous les murs fissurés. Le choc a fait sauter notre serrure. Tout est recouvert de copeaux de murs et de plafond. En bus, un spectacle identique s'offre à nous, des façades endommagées, des vitres brisées. On trouve une autre auberge rapidement, et durant tout se temps, pas possible de communiquer avec nos familles, pas d'électricité, ni de téléphone.

  • Soirée agitée par Julien Paternotte

Nous étions avec mon amie dans une discothèque a Valparaiso (le Huevo) quand la terre s'est mise a trembler, la musique s'est arretée et tout le monde courait pour se mettre a l'abris en dessous des murs porteurs. Les enceintes tombaient, une sorte de poussière se dégagait des murs en même temps que le crépis s'effritait. Cela a duré 1 min, 1 min 30 et cela parait interminable, plusieurs personnes a nos cotés pleuraient,ce qui renforce le sentiment de peur. Une fois sorties de la boite de nuit, il y avait énormément de monde dans la rue, beaucoup de poussière et des gravats aux pieds des immeubles. Nous avons beaucoup marchés afin de nous diriger vers l'endroit où nous logeons, impossible de prendre les transports en commun, il y avaient trés peu de bus et ils étaient bondés. Puis le frère de mon amie est venu nous chercher et nous sommes rentrés a Renaca, petite ville au nord de Vina del Mar. Nous logeons pendant notre séjour dans un appartement d'un immeuble au 10 eme etage. Les secousses a cet endroit on eté trés violentes, vaisselle cassée, déco abimée, les meubles ont bougés tout comme le frigo. C'était trés impressionnant. Ce matin nous avons entendu parler des dégâts plus au sud dans la région de Concepcion et nous avons vraiment pris conscience a ce moment là de la violence du séisme et des nombreuses victimes qui n'ont pas eu la même chance que nous.

  • Réveil en sursauts par Martin Zielinski / Fanny Huet

Tout à coup on se reveille, sans trop savoir pourquoi. Ensuite on se demande ce que l'on fait au futuroscope en plein Valparaiso et puis on prend conscience de ce que l'on est en train de vivre... vite, sous une porte. Et on attend que ça passe. Secondes interminables et enfin la terre se calme. Tout le monde va bien? Ok, Alors on attend une eventuelle réplique, attente insuportable. On se recouche mais la fin de la nuit est ponctuée par de multiples tremblements et répliques plutôt timides. Plutôt epargnés, ils nous suffira de passer un bon coup de balai pour faire disparaître les dégats...d'autres mettront plus de temps a s'en remettre.

  • J'étais sur place, à Valparaíso par Mathieu Cros

Je me trouvais à Valparaíso au moment du séisme, un peu plus au nord de l'épicentre et de Concepción. A 3h34 heure locale, nous étions en discothèque. Le sol et les murs se sont mis a vibrer, mais on a attribué cela à la musique et aux gens qui dansaient. Les gens ont compris ce qui se passait réellement seulement 20 secondes après le début du tremblement lorsque des morceaux de mur et de toît (bois, plâtre) se sont mis à nous tomber dessus, il a alors fallu évacuer ce qui s'est fait non sans panique. Moins de cinq minutes après, la place Sotomayor, à 100m de là, était pleine de gens qui parlaient, criaient et se prennaient dans les bras. Le centre ville a été endomagé de vitres brisées, quelques effondrements de facades et éboulements, quelques canalisations rompues et inondations de rues, quelques scènes un peu apocalyptiques mais rien de grave, relativement peu de panique. La seule radio a avoir continué à fonctionner a annoncé deux morts sur Valparaíso, ils émetaient de la rue car leur bureau s'était écroulé. A Viña del mar, ville voisine, même tableau et un ou deux immeubles se seraient effondrés.

  • Violentes secousses ressenties dans un bar à Valparaiso par Josephine Roquette

Nous sommes 2 aventuriers francais, partis visiter une partie de l'Argentine et du Chili à Bicyclette et avons fait une halte à Valparaiso pour voir un ami chilien. Hier soir, nous sortions faire la fête à Valparaiso, et vers 4h du matin, coupured'électricité dans le bar et dans toute la ville, la musique se coupe, et nous ressentons une violente secousse qui fait tomber les verres du bar. Nous sommes apeurés alors que les Chiliens, habitués à ce genre de tremblement de terre restent calmes. Les proprio du bar nous assurent que ce genred'édifice tient bien et que nous devons rester sous les parties de l'édifice les plus vieilles car les plus sures. Puis, après quelques minutes, nous devons quitter le bar, arrêter de boire et rentrer chez nous car tout le monde craint une seconde secousse. Les habitants de Valparaiso n'ont pas connu une telle secousse depuis une vingtaine d'annèes. Ladeuxième secousse, beaucoup moins forte est apparue vers 7h du matin. Aujourd'hui, nous sommes partis faire un tour dans les rues de Valparaiso et tout le monde appelle sa famille pour prendre des nouvelles. Certainsédifices se sont effondrés. Mais nous sommes en vie. Nous sommes encore sous le choc...et craignons les nouvelles sur le tsunami qui arrive...



 
 
Sunday 28 February 2010 à 23h31 par Acrerune dans Chili